mardi 5 mai 2026

Dome de neige des écrins : par la brèche Lory

 Fin de saison ?

Alexis dans sa quête des 4000 voulait aller au mont Rose ce long week end, j'avais réservé les 4 jours pour ça. Mais la météo douteuse, les refuges pleins et la logistique pas facile nous font changer de plan pour des sorties de proximité.

je propose 2 jours en Oisans pour faire le Dôme, puis un peu de couenne à Ceuse ensuite : ca le convaint.

Cette boucle par la brèche Lory était dans mes cartons depuis longtemps, elle est assez attirante: un beau sommet, une montée un peu alpine, un retour par un autre vallon, la visite du col des écrins, un passage dont j'ai envie de connaitre la cause de la mauvaise réputation.

 On monte le soir au refuge, tout en crocs, sous la pluie. On le savait, et on misait même dessus pour avoir de la bonne neige le lendemain, mais ça file toujours un coup au moral.... Surtout que malgré la pause au Carrelet ca ne s'est pas arrêté.

A ma grande surprise, on est seuls dans le refuge. Sans fenêtres, mouillés, c'est pas hyper fun malgré les bières que j'ai eu la bonne idée de monter. 

en mode mémé

heureusement les couvertures font leur office et on parvient tant bien que mal à sécher les affaires pour repartir de bon matin.

On chausse dès le refuge, la neige est béton et sans couteaux pas super agréable. Mais 200m plus haut, la petite poudreuse espérée est là, le grip devient excellent et l'ambiance superbe. Le moral est haut, un hold up semble se dessiner.

Ailefroide au fond

On est seuls, on trace, les paysages avec les Rouies, l'Ailefroide, les Bans derrière nous sont grandioses. La pluie de la veille et le reveil douloureux sont oubliés, comme mon téléphone que je regrette pour immortaliser tout cela.

Au col des avalanches

 

Le nom des lieux est un puissant vecteur de rêve et de voyage, c'est Tesson qui disait cela. On veut aller voir à quoi ressemble ce nom étrange, cette forêt des pendus, ou ici pour moi ce col des avalanches. J'ai toujours ressenti cela, même avant que je le lise sous la plume du célèbre voyageur. Et ce col des avalanches, avec ce nom à la fois simple et terrifiant, avait depuis longtemps activé mon envie "d'aller voir".

Moral au plus haut

Et bien le col n'est pas du tout ce que j'imaginais : large,  ouvert et ensoleillé, je m'y verrai bien y bivouaquer et il ne mérite pas ce nom hostile. 

Face Sud de la barre des Ecrins

Il fait un peu froid mais on arrive facilement au bout du glacier du vallon de la Pilatte contre la paroi de la face Sud de la Barre.  

J'avoue être un peu impressionné, je pensais voir un itinéraire évident, quelques pas de mixte puis de la neige facile, là il y a bien 200 m de rochers saupoudrés, assez raides et un peu pourris et improtégeables. 

En réalité les rochers sont bien pourris, mais pas très raides. On a passé la rimaye facilement, ça manque en effet de neige donc c'est pas très agréable en crampons mais on arrive sans trop de peine dans le couloir final. Alors que j'étais très à l'aise sur les skis, j'en chie carrément à pied, comme souvent, il y a un truc à revoir dans mon entrainement.

 

La fin de la montée

On débouche au soleil, ouf. Un peu fatigués, devant le soleil qui tape fort et ce rocher saupoudré qui promet un horaire un peu dilaté, on renonce à la Barre. Ca sera l'occasion de revenir.

Belle ambiance dans les séracs

Bien content de faire ce dôme à skis, bien sur car c'est un 4000, mais surtout parce que la descente est classe... et qu'en plus les conditions se présentent bien : une dizaine de cm de peuf, pas trop de traces, grand soleil et pas de vent.

on prend la pose

La descente est en effet très belle, avec une ambiance montagne bien marquée, les séracs ne font pas rire... C'est pas aussi austère que le Pelvoux, car la face est large, l'itinéraire évident, mais ca a des faux airs de face nord du mont Blanc et on  traine pas trop pour rejoindre le Col des Ecrins.

Là aussi je suis assez impatient de voir à quoi ressemble ce passage, à la fois classique et fréquenté mais aussi auréolé d'une réputation tragique avec de nombreux accidents. En plus on a pas trop compris s'il fallait faire des rappels, et si oui jusqu'où ? Bref un petit parfum d'inconnu excitant. 

Il s'avère qu'il y a un bon câble jusqu'au névé final... on comprends pas trop l'histoire des rappels, peut être est ce quand cette partie est sous la neige. En tous cas pour nous ce sera désescalade jusqu'au névé final. Par contre cette pente, plein ouest, encore à l'ombre à notre horaire (vers 12h-13h) est béton, bien raide et ultra exposée : une glissade et on voit très bien la barre rocheuse que l'on sauterait en bas. Le résultat c'est que je déraperai tout le début piolet en main, et qu'Alexis descendra en crampons ! Quand la neige est dure on fait moins les malins.

Le glacier de bonnepierre lui est plus accueillant et en combinant ses pentes douces et les restes d'avalanches, on arrive quasiment à la Bérarde, en déchaussant 100m seulement au dessus du village martyr. Belle sortie très variée, peu de portage à la descente, bien sauvage dans ces conditions !





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