mercredi 1 juillet 2026

Dent du géant : plaques Burgener

 Premier 4000 de la semaine !

L'objectif du séjour est de cocher plein de 4000 pour la liste d'Alex. Et bon, faut l'avouer, ce petit boost de l'ego que provoque la "coche" d'un sommet de 4000 m'est aussi bien agréable.

On monte à Torino pour enchainer la traversée des aiguilles du Diable et ensuite celle des Jorasses. Ca ferait un paquet de croix... 

Malheureusement la météo n'est pas de notre coté. Après des semaines de beau temps calme, les orages ont choisi notre semaine de vacances pour se réveiller... On a patienté avec de belles voies en vallées comme Bételgeuse, mais bon, on a envie de prendre un peu de hauteur ! 

On monte donc ce mercredi, avec comme objectif de faire la Dent du Géant, d'enchainer avec les aiguilles du Diable le lendemain, et de redescendre vendredi/samedi en passant par les Jorasses.

Nuit cool coté italien après une bonne pizza, c'est incroyable la différence d'ambiance avec Chamonix... Mille fois moins de touristes, pas d'interdictions de partout, grand calme... Pourtant ces paysages aostiens que je découvre sont très beaux, et les infrastructures ne manquent pas. Mais evidemment le mont blanc est moins visible, et ces versants secs enthousiasment moins les yeux que les somptueux glaciers du versant Nord. Pourtant pour un alpiniste, la vue évoque des lieux mythiques, encore plus que Chamonix... Arête de Peuterey, Grandes Jorasses, sont bien visibles et n'ont rien à envier à l'Aiguille verte ou au glacier des Bossons. Les Italiens voudraient surement profiter un peu plus de la manne touristique attirée par le grand Blanc, et regrettent surement l’agglutinement coté français en soupirant quand aux facéties de l'histoire qui dessine des frontières souvent injustes. Encore une raison d'alimenter la petite jalousie de nos cousins qu'on décèle parfois (souvent ?) en discutant avec eux, peut être.

Je suis assez impatient de découvrir Torino, refuge célèbre... pour la mauvaise qualité de l'accueil.

On y fait un rapide stop et on file vers la Dent du géant. La météo est moyenne et semble se dégrader,  c'est donc pas le moment de trainer. 

On parcourt rapidement le glacier, la trace est évidemment faite; on se lance ensuite dans le rognon un peu dégueu d'attaque. On a beau être en tout début de saison, il n'y a plus de neige et c'est  un bon "tas de pus" comme on dit en jargon alpinistique. Au loin le whymper tout noir confirme les très mauvaises conditions de ce début de saison; on commence à douter de la faisabilité de noter programme;

le temps est bien gris, alternant éclaircies, bruine ou grésil. En tous cas il ne fait pas chaud, et c'est plutôt bon pour nous car il n'y a pas foule. On croise d'ailleurs des cordées qui butent et redescendent. Petit moment de doute quand on se rend compte que c'est des britanniques... mais quelles sont les conditions là haut pour que ces aventuriers inflexibles, coutumiers du mauvais temps, soient contraints au demi tour ?? alexis lui ne se  dépare pas de son optimisme habituel. Moi un peu moins, mais tant pis, vu comme on est avancé, j'ai bien envie de faire la croix, conscient de la chance de pouvoir grimper à peu près seul ici.

Arrivés à la salle à manger, on est seul et j'attaque la grimpe proprement dite dans le brouillard et le grésil. Les mains totalement gelées, je saisis sans vergogne les cordes fixes que j'aurai traitées de tous les noms par beau temps... j'enchaine deux longueurs, un peu dans le doute car je ne vois plus de cordes dans la 2ieme. Mais rapidement on se retrouve au pied des célèbres et superbes plaques Burgener. 

Les dalles burgener

Je cède le lead à Alexis qui a moins froid aux mains. quand je le rejoins, je suis impressionné. Certes j'ai les mains gelées, mais quand même, ça grimpe sérieusement, du bon 5c/6a. Comment ont ils pu ouvrir cela au 19ieme siècle ?? je vérifierai plus tard mais ouf, l'honneur est sauf, il y aura eu du lancer de corde et autres artifices ici... 

Belle longueur avec du beau temps ! 

 

relais perché

On rattrape une cordée d'allemands qui descend, et hol up total on a le droit à de belles éclaircies pour se photographier au sommet.

Summit

 

Descente gazeuse parmi les milliers de relais, on est en bas, heureux et même  fiers de ce braquage.

 

Ambiance glagla

Le temps a complètement changé et c'est au pas de course au milieu des éclairs qu'on rentre au refuge. Ouf ! 

 Refuge assez particulier et dont je comprends la réputation. Enormément de monde, Italiens, Francais, autrichiens, suisses, polonais... Hommes, femmes, guides, touristes, vieux briscards et débutants se cotoient dans une ambiance de promiscuité étrange mais forcément horrible. Il y a beaucoup plus de lits que de places dans la salle à manger et dans le bar : tout le monde s'entasse comme il peut et pour manger il faut donc faire plusieurs services, avec des tickets ce qui n'est pas très convivial. Mais pour un ours comme moi qui ne va en montagne pour discuter, surtout avec mes congénères bobos, ca ne me gêne pas vraiment.

 




 






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