mardi 24 mars 2026

Pelvoux : Traversée à skis

Magnifique course sur les traces de Sébastien

Quand je sortais pas mal avec Sébastien, je le questionnais souvent sur son quotidien de guide,  mi envieux,  mi admiratif. 

Et il me racontait qu'il lui arrivait parfois de faire de belles sorties, comme cette traversée du Pelvoux à ski avec un client. Je l'avais faite, en été, en mode alpi, avec Marc. Et outre le fait que j'avais failli mourir, j'avais comme souvenir qu'il y avait de multiples rappels,  beaucoup de marche... comment cet itinéraire pouvait il se skier, me demandais- je ?

J'imaginais un truc extrême, réservé aux meilleurs. Aujourd'hui soit je fais partie des meilleurs, soit j'ai mieux appris à lire les topos, mais je sais que la proposition de Régis de se lancer la dedans est tout à fait réalisable.

Steph a senti, après une petite chute de neige, que le créneau allait être bon et il a proposé à son pote, qui me l'a ensuite proposé. Je suis assez touché, surtout qu'ils acceptent de décaler le départ pour me permettre de revenir de Valence et de partir de Grenoble qu'en début d'après midi. C'est cool les copains...

L'approche est longuette sur du plat en neige béton mais avec personne, au milieu d'Ailefroide déserte, j'apprécie cette atmosphère, qui me permet de me prendre pour un tesson en Sibérie. 

On misère un petit peu sous le refuge, avec une trace étrange, quelques mauvais choix et une neige dure. La nuit nous enveloppe et on arrive au refuge dans une superbe ambiance étoilée.

Ca faisait longtemps que je n'avais pas fait de sortie un peu montagne de ce type, notamment en portant bouffe et réchaud : c'est lourd mais c'est bien agréable aussi.

Evidemment, il y a des gens : un couple de locaux dont on casse la soirée romantique. Bon, mais on leur fera la trace le lendemain pour se faire pardonner.

La nuit  est pas si mauvaise, pour une fois je m'endors vite, c'est cool. Le matin est comme toujours en montagne grandiose...
départ
Neige dure, à pied ou à skis selon les gouts, on entend le doux bruits des couteaux de nos prédécesseurs...partis une heure avant nous, on va  vite les rattraper, malgré quelques pauses vestimentaires.

vers la bosse de clapouse

On approche les 3200m, et la neige est toujours béton. Il faut avoir foi dans sa logique pour croire à une descente poudreuse...

 


Après avoir doublé les amoureux, on trace vers le coolidge. Alternance de croute ou neige, c'est peur agréable et assez fatiguant. Ce qui est cool c'est que je n'ai pas mal à la tête ou au ventre, ca me rassure pour la suite. La mésaventure des Agneaux est toujours dans ma tête.  

 

Une fois dans  le couloir, ca déroule moins. La trace est encore plus usante,  le vent du Nord est bien présent. La souffle est plus court, on s'approche des 3700m, j'ai tous mes vêtements, l'ambiance est plus hostile. Heureusement Steph a la grosse forme. La poudreuse est là à la sortie du couloir, mais avec  ce vent il y a quelques plaques.

 

Sur le plateau sommital on peut rechausser les skis et s'octroyer au pause réparatrice au soleil si agreable
plateau sommital

De la pointe Puiseux,  je doute un peu. Certes, la poudreuse est là. Mais le vent est plus fort qu'annoncé et la neige est cartonnée...  Quand à la sortie de la pente centrale Nord, elle est toute en glace. Steph lui y croit...

 On attaque les premières pentes du glacier du Pelvoux,, c'est assez plat, mais bien cartonné. Ca skie mais c'est pas fou fou... Mais dès qu'on atteind le glacier des violettes, miracle le carton disparait et le ski devient grandiose. Aucune trace, skier de la peuf dans cette pente suspendue à coté des séracs est grisant ! 


premiers séracs des violettes
Les monstres habituels de la haute montagnes, séracs et crevasses, plutôt débonnaires et folkloriques jusque là, deviennent plus présents et menaçants. On commence à devoir réfléchir un peu sur l'itinéraire. Notre trace GPS semble impratiquable cette année, il va falloir improviser.
par où ça passe ?
On zigzague au mieux dans une poudreuse presque trop agréable, puis on bute sur un ressaut de 20m déversant. Bon ben ca sera rappel, pour une fois broches, cordes et crochets vont servir.
première fois que je fais un rappel skis au pied comme dans les videos. Nous aussi on peut être de vrais alpinistes si on veut !

Ensuite plus vraiment d'obstacle majeur nous semble t-il. On est quand même un peu vigilants, il y a des crevasses et la glace n'est pas très loin quand la pente se raidit. Une fois au névé de Serre riou, on peut se relacher. La neige est transformée, mais excellente, notamment avec des gros skis !







On trouve sans soucis la banquette des mélèzes et le ravin des militaires nous accueille pour la descente finale, en neige encore meilleure qu'en haut. Quel gavage de bas en haut ! on en revient pas de la longueur et de la beauté de cette descente quand les conditions sont aussi bonnes.

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