Un sacré mythe
Si je m'imaginais bien un jour pouvoir faire les rivières vu les commentaires, je ne pensais pas m'engager dans celle ci réputée plus sérieuse. Mais étrangement je me sens pas si mal après Fat Guide.
Malgré les cuisses courbaturées, les avants bras fatigués, j'ai quasiment tout enchainé dans fat guide ; avec une bonne nuit de repos, dans un style moins physique, je me dis que ca va le faire pour l'axe du mal. Ca vaut le coup de se motiver c'est un projet qui je le sens tient à coeur à Régis. Il faut bien qu'il se fasse plaisir aussi, l'animal. En second, je m'en sortirai bien...
Les voisins nous stressent un peu : elle en nous disant que l'approche est super longue, 2h au moins : lui en nous parlant d'un retour compliqué et bien long. On se dit que c'est des nazes et qu'on se débrouillera bien.
On repère quand même le franchissement du ruisseau, car les ruelles du villages sont quand même peaumatoires et on a pas envie d'emmerder des gens le matin avec nos frontales. L'approche passe par les célébrissimes ponts berbères, on les admirera, comme en allant à Baraka quelques jours plus tard, mais uniquement de nuit pour notre part. Le goût connu des grimpeurs pour la contemplation...
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| découverte des célèbres ponts berbères |
On tombe sur le petit refuge puis on remonte le ruisseau, le jour commence à poindre, mais l'ambiance devient plus sévère : plus de chemin, canyon encaissé, bruits déséspérés de chèvres égarées... on fait pas trop les malins, notamment quand la paroi surgit devant nous.
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| refuge |
Lisse, jaillissant d'un trait et nous dominant de ces 500m, on est dans le mythe. ca parait moins raide que Taoujdad, mais aucune ligne de faiblesse ne saute aux yeux. Le constat est sans appel, bien qu'on s'en doutait, on se rend bien compte que ca ne va pas rigoler cette voie... surtout pour moi qui n'est clairement pas au niveau.
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| Tadrarate |
Je ferai les 5 premieres longueurs en tête, histoire que régis ne s'épuise pas à hisser le sac d'entrée. L1 dalle en pseudo 6a me voit tirer à la dégaine d'entrée, le ton est donné... heureusement ensuite ca se passe mieux, j'enchaine toutes mes longueurs, même si je suis assez tendu. L'ambiance, le souvenir de la jambe fracturée de Lulu002, les points éloignés, le style technique et dalleux s'allient pour creer un climat de certaines tension pour ma part. C'est aussi ce qu'on est venu chercher, cette sensation d'un moment présent dilaté, augmenté, intensifié ... Coté grimpe, j'aime bien ce style, mais ça déroule moins qu'aux rivières : certes il y a de la magnésie, des pieds noircies, mais beaucoup de pas sont en traversée, ce qui questionne toujours... plus haut ou plus bas ? Je me sens souvent petit et doit pousser souvent fort pour attraper ces prises lointaines. Et comme j'aimerai bien enchainer qq longueurs, je me bats et couine pas mal.
| j'attaque L3 un superbe 7a |
| L4 |
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| Toujours L3 vue du haut |
| L5 |
Après deux superbes 6c+, Régis reprend la tête dans L6, 7a+ qui marque le début des difficultés. c'est un peu engagé mais ca se laisse grimper. C'est toujours aussi beau et technique
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| L6, régis se promène |
Il poursuit dans L7, dalle en 6c+ pas trop dure.
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| L7 belle dalle pas top dure |
On arrive presque frais au pied de L8, le premier crux, un 7b physique. On doit passer un toit, la prise de sortie est ronde, pas de pieds... Tire clou pour tous les 2, mais heureusement c’est court.
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| L8, dur dur ce toit |
Deuxième crux, le 7b/c en dalle...Régis est surmotivé et se bat, mais devra poser le pied sur un spit. En second je trouve ça mutant... l'équipement est sans concession, je ne serai pas passé en tête, c'est sur... Il est fort ce Régis, j'ai beau le connaitre il m'épate toujours.
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| Régis marque les pieds |
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| L10 fissure puis traversée |
On est un peu soulagés après ce crux, rien ne semble pouvoir nous arrêter : On sait que le 7c+ passe en artif, restera deux 7a, une formalité pour Régis et quitte à pendouiller je sais que je m'en sortirai. Je suis surpris et content de moi car bien que fatigué en cette fin de voie, j'ai encore des bras, en tous cas suffisamment pour me faire plaisir. Mon entrainement un peu plus sérieux aurait il porté ses fruits ? J'en profite pour faire L10 et L11 en tête, un 6b+ et un 7c que j'artife brillamment.
| L10, fissure qui dénote après les combats de L9 |
Après cet artif, la longueur se termine par un 6c d'anthologie sur des bacs ! Un peu cramé, un gaz de fou, un rocher magique, quelle sensation...
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| Dans le tire clou, mon domaine |
Le soleil est venu mais on ne souffre pas de la chaleur. Avec l'astre de vie, on apprécie mieux l'ambiance, les couleurs uniques, et on se demande si ce que nous vivons est bien réel. Je sens Régis un peu euphorique et je suis content aussi de lui permettre de faire cette voie, j'aurai pas voulu qu'il sorte du voyage un peu frustré.
| au relais avant le 7c |
Au sommet, reste la descente... Le Nico du gite nous a un peu fait peur en nous promettant de longues errances mais il est assez tôt, il fait beau, on a fait l'axe du mal bref on est pas d'humeur à s’inquiéter.
On longe des falaises, pas trop de possibilités de descente... On commence à se demander si on a pas raté qq chose lorsqu'on tombe sur des cairns et un mini passage berbère qui nous dépose au col entre Oujdad et Taoujdad.
Cette fois c'est bien fini, on est en terrain connu, et on peut descendre tranquillement vers le gite de Youssef, on essayant de se remémorer les longueurs...
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| on a trouvé la clé |
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| Col |















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