vendredi 24 octobre 2025

Taghia : Les rivières pourpres

 Début en trombe du trip marocain 

Enfin nous sommes in the place ! tellement rêvé de cet endroit... La veille, le transport s'est bien passé et on s'est tout de suite retrouvés dans l'ambiance. Klaxons dans les rues, collines sans aucune végétations, muezzin, tajine, vielles peugeot pourries, mules et panneaux bricolés qui mélangent français, arabe et amazigh : on est bien en Afrique du Nord, pas en Espagne ou dans le Verdon.

Youssef, à la voix grave et aux faux airs taciturnes, est venu nous chercher. Pas de mules, on est à la fois déçus pour le coté exotique qui du coup disparait et même temps bien contents d'éviter 2h30 de marche qui pèseront pour les Rivières pourpres qu'on envisage le lendemain. A bien y réfléchir,  finalement, pas sûr que sa R18 branlante soit moins authentique que les animaux. "C'est la France" me dit il quand je lui dit que plus jeune, mes parents avaient la même. Les paysages se découvrent petit à petit, les falaises déjà impressionnantes entrevues lors du trajet en taxi laissent place à de vrais sommets, comme l'Oujdad, qui sera notre toile de fond pour la semaine. 

pause contemplative
L'oujdad bien loin

 

Le panorama s'agrandit au fil des virages jusqu'à devenir grandiose, à la hauteur des attentes. Parfois quand on rêve trop ou depuis trop longtemps, la réalité parait décevante, mais là c'est loin d'être le cas et ça ravit mon âme parfois tristement blasée.

Son gite est grand et offre une vue de dingue. On commence à s'approprier le relief, comprendre un peu où sont les voies qu'on avait repéré avant le départ.

Panorama depuis le gite de Youssef

 

la face

Après le whisky berbère, on a un peu de temps, on piaffe un peu alors on file reconnaitre l'approche des rivières réputée délicate.

En effet, faut monter, descendre, traverser, prendre des cordes fixes, le tout au dessus d'un ruisseau, rendant l'affaire bien exposée. 

On file manger notre deuxième tajine et dormir, faudra quand même être en forme demain. 500m de grimpe, 8 longueurs dans le 7ieme degré, ca devrait être un bon challenge... J'espère arriver vivant, et Régis espère tout enchainer : à chacun son Everest. 

approche dans  le canyon

 On trouve vite le départ et c'est parti ! La stratégie est simple : pas de réversible qui fatigue ou refroidit, chacun fera un bloc. Bien sur je fais le début, et charge au maillon fort de finir...  

On trouve bien le début, timing parfait car il fait à peine jour. Les conditions sont top : l'air est à peine frais, et le rocher n'a pas été refroidi par la nuit qui a été douce. Je redoutais de me geler les doigts, ce n'est pas le cas et j'attaque bien motivé.

L1 et L2 en 6c permettent de se chauffer sans s'exploser, ce n'est pas trop raide. Petit moment de doute tout de même car les premières prises sont bien patinées... On nous aurait menti en  nous vantant le crépi acéré du Maroc ?

j'attaque L3 bien motivé 

 

 

J'attaque L1

j'attaque L3, premier 7, bien motivé

L3, vue du haut

 

C'est raide cette affaire

 

 L6, régis reprend le lead


L7


L8, encore du rouge !

La plus dure pour moi, L9
fin de L9, ouf, je prends la pose pour la photo mythique



Pause avant le crux

L11, 7b+ dantesque ! 



summit



Descente, sur fond de paysages grandioses

Le village parait bien petit



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