Découverte du conglomérat si célèbre
On part dans le vif du sujet. On se lance dans Tucan Ausente sur le Pison, histoire de faire une croix de plus dans le "parois de légende". Je suis assez excité car ces falaises rouges, au début du livre, m'avaient toujours fait rêver... Et comme souvent, un peu anxieux aussi car le dévers a l'air sérieux, et si tant est qu'ilen existe un, ce n'est pas le style d'escalade où je suis le plus à l'aise.
Ca commence bien, car la cordée qui nous précède déclare forfait sur oubli de chaussons : parfait, on sera seuls.
Ce qui commence moins bien, c'est mon tirage au clou sur le départ ultra violent de L1, seulement 6b+. Heureusement la suite déroule. C'est hyper prisu, comme je l'imaginais. C'est surprenant de voir comme le pudding peut créer des styles d'escalades complètement différent, des dalles techniques comme à Montserrat ou aux Météores ou du dévers hyper ludique comme ici. J'ai un peu froid au mains mais j'arrive ensuite à me réchauffer.
| Cordée voisine |
On arrive au pied de la longueur mythique, un 7a de 50 mètres starifié par des milliers de photo dans tous les livres d'escalade de la planète. On ne sait pas trop à quoi s'attendre, Régis se lance et randonne, ca je m'y attendais, mais moi aussi , c'est cool. Sensation incroyable de se promener dans du gros dévers sur du vrai rocher, quel plaisir...
Le sac de hissage est un tel confort dans ce genre de voie, on grimpe tout le temps relaché.
| Dévers |
Le temps bien humide des jours précédents est toujours un peu incertain, mais dans ce profil on a pas peur d'être mouillés.
Le dernier 7a est dans un autre style que le premier, plus bloc et technique sur du rocher gris : mais ca passe, les cotations espagnoles toujours aussi acceuillantes.
Les filles qui étaient parties en vtt ne sont pas revenues, il nous reste du temps et on est pas fatigués (même moi !) Alors germe l'idée d'une deuxième voie, mais la pluie est toujours un peu menaçante. On tergiverse, puis on se décide pour Zulu Demente à la visera, qu'on rejoint au pas de course.
Il y a pas mal de gens : une cordée d'anglais à gauche dans la Fiesta, 3 Francais dans la directissime qu l'on rejoint sur la fin. Horaire oblige, ils sont assez hauts donc en théorie ils devraient pas nous gêner : feu, c'est parti.
On se trompera sur le départ, faisant le 6c et le 7a de Supercrack au lieu des 6a prévus... Je coince dans la deuxième d'ailleurs, je commence à douter de moi, c'était pas normal de randonner des 7a, ici dans cette face les cotations seront surement plus réalistes et plus sévères qu'au Pison... Mais il n'en est rien ! On enchaine L3 et L4, L6 et L7, des envolées dingues en dévers avec des prises encore plus grosses qu'au Pison. On cruise, cette sensation d'aller vite, avec un peu de marge, avec un peu d'engagement et un copain dans le mêm état d'esprit est si agréable !
On grimpe si vite qu'on rejoint les 3 français qui galèrent dans le 7a de sortie et nous bloquent un peu. Bon ça se terminera bien, on sort tous juste avant la nuit, ce qui ne sera pas le cas des Anglais qui s'encouragent tranquillement 2 longueurs en dessous. Leur flegme n'est pas qu'un cliché, de quels bois sont faits les gens de cette île ? On admirera leur frontale pendant toute la descente, pensant aux bières bien méritées du camion.
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